19 juin 2026

Après près de 20 ans d’exercice ministériel, l’apôtre de district Michael Ehrich va être admis à la retraite. Son ministère l’a conduit à l’autel, dans les communautés, auprès des jeunes, à des responsabilités internationales et, à chaque fois, il l’a ramené à sa mission : annoncer Christ.

Le 23 avril 2006, l’apôtre Michael Ehrich a été ordonné à Karlsruhe en tant qu’apôtre de district pour l’Allemagne méridionale. L’apôtre-patriarche Wilhelm Leber a décrit la mission d’un apôtre de district en s’appuyant sur les paroles en Ésaïe 52 : être porteur de bonnes nouvelles, publier la paix, prêcher le bien, publier le salut. Il a notamment cité le maintien de l’unité, la dotation des communautés de dons ministériels et la résolution des problèmes.

Dès le début de son activité ministérielle, Michael Ehrich avait décrit sa mission en termes pastoraux. Il considérait que sa mission principale consistait à aider les membres de l’Église à atteindre le but de la foi. Il souhaitait encourager chacun à mener une vie dans la foi, guidée par les valeurs de l’Évangile. Et il a ajouté une phrase qui ressemble à un programme : « Nous avons une place au cœur de la communauté ! »

Ce cœur est resté une ambition spirituelle de son ministère. Cette exigence transparaissait également dans la fiabilité manifeste de son ministère : service divin après service divin, voyage après voyage, communauté après communauté.

Préparé, rassemblé, envoyé

Lorsqu’on lui a demandé à quoi ressemblait un dimanche matin pour lui, il a répondu un jour que la préparation du service divin était déjà terminée le samedi soir. Sur le chemin menant au lieu du service divin, il cherchait la paix intérieure. Il ne ressentait pas d’agitation, mais plutôt une certaine tension intérieure face à sa mission. La parole de Dieu doit être strictement distincte de ses opinions personnelles, et il est essentiel de toujours placer Jésus-Christ au centre.

Peut-être ce ministère peut-il se résumer par une phrase prononcée un jour dans un moment très personnel. Lorsque l’apôtre-patriarche Jean-Luc Schneider a dispensé la bénédiction au couple Michael et Elke Ehrich à l’occasion de leurs noces d’argent, il a parlé du service : « par amour pour le Seigneur et pour le Seigneur ». C’était un hommage au chemin parcouru ensemble.

Lignes spirituelles

Plus de deux décennies plus tard, la mission confiée à Karlsruhe ne se résume pas seulement à des données, des compétences et des voyages. Elle a également laissé son empreinte dans les impulsions spirituelles que Michael Ehrich a rédigées pour nac.today.

Il y a la joie, qui ne vit pas de circonstances favorables. C’est dans « La joie rend fort » qu’il a décrit la joie en le Seigneur comme une source de forces : une joie que l’on peut vivre lors du service divin, dans la sainte cène, dans la prière et dans la confiance en Dieu. Pour lui, la joie n’était pas simplement une humeur, mais une force spirituelle.

Il y a l’avenir, qui ne naît pas d’abord d’une sécurité de planification, mais de la confiance en Dieu. Dans « Façonner activement l’avenir ! », il écrivait qu’il ne fallait pas se contenter d’attendre l’avenir, mais le préparer dans la foi et contribuer à le façonner.

Il y a la disposition intérieure. Dans « Apprendre du modèle », il a mis l’accent sur l’état d’esprit de Jésus-Christ. Ce ne sont pas l’effet extérieur, le niveau ministériel ni la capacité à s’imposer qui sont déterminants, mais l’orientation vers Christ.

Il y a le service. Dans « La véritable grandeur se manifeste dans le service », il a clairement mis en évidence que la devise de l’année « Servir et régner avec Christ » n’encourageait justement pas la quête du pouvoir. Jésus règne différemment des puissants de ce monde. Il n’est pas venu pour être servi, mais il a lui-même servi.

Il y a la prière. Dans « Prier avec foi et persévérance », Michael Ehrich a montré comment la prière trouve une oreille attentive auprès de Dieu. On y devine également une partie de sa conception du ministère : La direction spirituelle ne commence pas par la faisabilité, mais par l’orientation vers Dieu.

Et enfin, il y a l’amour comme motivation. Dans « Par amour et pour le Seigneur », il a rappelé que l’amour du prochain ne se limite pas aux paroles. Cela correspond bien à un ministère qui se voulait axé sur l’accompagnement pastoral : fortifier les personnes, susciter la confiance, témoigner de Christ, s’entraider pour atteindre le but de la foi.

Étendue et proximité

Pourtant, son champ d’activité était vaste. En prenant la tête de l’Église territoriale d’Allemagne méridionale, l’apôtre de district Ehrich s’est vu confier la responsabilité de l’une des plus grandes Églises territoriales néo-apostoliques d’Europe. À cela s’ajoutaient des pays d’Afrique et d’Asie, dont la desserte est assurée depuis l’Allemagne méridionale.

Pour Michael Ehrich, les échanges avec les jeunes croyants faisaient également partie du cœur de la communauté. Pendant des années, il n’a cessé de chercher à établir un contact direct : lors de réunions de jeunesse, de soirées de jeunesse et de tables rondes organisées en différents endroits de son champ d’activité. Le format était simple : les jeunes préparaient des questions, animaient eux-mêmes la discussion et parlaient de la foi, de l’Église, du quotidien, de l’avenir, des doutes et de l’espérance.

Certaines scènes illustrent bien ce format. Il accueillait ainsi les jeunes personnellement en leur serrant la main et, après les séances de questions-réponses, il prenait le temps de continuer les échanges avec eux, et même de disputer quelques parties de baby-foot.

Ces rencontres s’inscrivaient dans un format récurrent de son ministère, dans lequel la foi ne devait pas seulement être prêchée, mais aussi faire l’objet d’un dialogue.

Au service de l’Église mondiale

Même dans les domaines où son service était moins visible du grand public, Michael Ehrich a assumé des responsabilités. Il a œuvré au sein de nombreux groupes de travail et commissions de l’Église internationale. On peut citer à titre d’exemple le groupe de coordination de l’Église néo-apostolique internationale, le Comité financier nouvellement créé puis, plus tard, le Comité directeur de l’ÉNAI.

Toutes ces missions n’ont pas été sous les feux de la rampe. Mais toutes font partie intégrante d’un long engagement à la tête de l’Église territoriale : écouter, conseiller, évaluer, renforcer les structures et assumer des responsabilités non seulement pour son propre champ d’activité, mais aussi pour l’Église dans son ensemble.

Continuer avec gratitude

Le 21 juin 2026, l’apôtre de district Michael Ehrich sera admis à la retraite. L’apôtre de district adjoint Martin Rheinberger lui succédera alors. C’est ainsi que s’achève une période ministérielle, mais pas ce à quoi ce service a toujours fait référence. Car ceux qui apportent la bonne nouvelle ne se proclament pas eux-mêmes. Ils renvoient vers celui d’où proviennent la joie, la paix, le bien et le salut.

C’est peut-être là que réside la dignité discrète de ce départ : reconnaître avec gratitude ce qui a été accompli par amour pour le Seigneur, tout en continuant à avancer avec confiance, sachant que Christ conduit son Église.